"Wasa", c'est le terme générique pour parler du "blanc". Wasa veut dire littéralement "étranger", mais en pratique ce qualificatif ne concerne que les blancs. Par exemple les Sénégalais comme Awa sont des noirs, donc des étrangers, mais pas des Wasa.
A Mahajanga nous avons une foule de vieux Wasa. Ces types chauves et grisonnants qui viennent passer leurs vieux jours au soleil. Mais ce n'est pas exactement le soleil qui les attire.
C'est plutôt les jolies jeunes femmes malgaches qui les font pululer ici. On en croise en masse dans les parages, surtout dans les endroits un peu touristiques, les villas en bord de mer et les restaurants chics.
A force on s'y habitue, croiser ces couples dissonants, une belle jeune femme triste et sans conversation, habillée en léopard et montée sur ses talons, avec à son bras un chauve rabougris et impuissant.
J'exagère à peine le tableau : il y a beaucoup de tourisme sexuel à Madagascar.
Après une étude sociologique minimaliste, j'ai pensé qu'on pouvait les classer en 3 catégories :
- Les rangés. Ce sont les moins dangereux. Généralement séparés, ils refont un mariage à Madagascar avec une femme plus jeune que leur fille. Ils coulent maritalement des jours paisibles et moites, dans une belle villa très bien cloturée, un 4x4 neuf dans le garage. Il sont souvent un peu racistes, et certains le sont franchement.
- Les dom-juan tardifs. Ayant accumulé des frustrations diverses envers la gente féminine au cours de leur vie (rejet, manque, tromperie ou mariage raté), ils viennent se rattraper à Madagascar pendant leur retraite. Certains retrouvent même un temps l'érection de leurs 20 ans. On les entend se refiler les bons plans et les photos aguicheuses dans les recoins sombres des bars Majungais.
- Les pervers et assimilés. Ce sont les éléments les plus rares, quoique leur proportion ici est nettement supérieure à la moyenne mondiale. Difficile à démasquer, ils profitent de l'isolement de la brousse, des lacunes d'éducation, de la pauvreté et des moeurs légères pour sévir. Je ne préfère pas donner plus de détails...
Ces catégories ne sont évidemment pas définitives et certains sujets migrent de l'une à l'autre, plutôt généralement dans le sens descendant de la description. C'est que parfois, ils se font bien pigeonner par les Malgaches, ces vieux Wasa !
mercredi 20 juillet 2011
dimanche 10 juillet 2011
Un bout au bord
Poursuivons notre visite guidée de Mahajanga. Un élément incontournable de la culture locale est d'aller diner au bord de mer, sur la corniche.
Tous le monde s'y retrouve, surtout les week ends. On y rencontre toute la population de la ville, les amoureux dinent en tête à tête, les business man locaux font des repas d'affaire, les groupes amis déjà saoulent s'enivrent encore et les touristes prennent des photos haute résolution de 24 mégapixel. Les prix pratiqués sont malgaches, de même que l'ambiance, vivante et bruyante.
Les femmes qui vendent leur mets sont disposées en ligne, un petit fourneau à charbon à portée de main et entourées de tables bancales aux nappes multicolores. Le choix n'est pas aisé car elles vendent toutes strictement la même chose.
La commande de base est constituée de brochettes de zébu, accompagnées d'achard (crudités rapées servies dans un bol de bouillon froid) et bien sûr d'une bière THB GM (Grand Modèle).

Une petite parenthèse sur cette boisson phare de Madagascar, qui a pendant des décennies été la seule bière produite pour tous le pays. Personnellement je trouve qu'elle à une saveur fade et chimique, elle laisse un arrière-goût d'alcool frelaté et un mal de tête imparrable le lendemain. C'est un produit très populaire écoulé par milliers de litres chaque week-end. THB ne signifie pas Tétra-Hétil-Butilène (explication du goût et des effets uniques de cette boisson) mais Three Horse Beer. La "Bière des Trois Chevaux" pour les non-anglophones.
Voilà donc la base alimentaire d'un repas au bord, qu'on agrémente ensuite de petits amuses geules fort goutus, huileux et savoureux. Des samousas aux oignons, à la viande et à l'huile, des "Katless" aux patates, à la viande et à l'huile, des magniocs frits, des galettes frites, des bananes frites, etc etc. Ca donne un fast food très convivial autour du feu, on passe sa commande, ca chauffe 3 min sur le gril et on s'empiffre pour pas cher. C'est pauvre en vitamines mais on peut compenser au dessert avec une bonne glace au sirop de glucose colorée chimiquement.
Le cadre est très joli, face à la mer, et la rue est l'une des rares de la ville sans bancs de sable ni nids de poule. Le vent frais du large caresse les crânes échauffés des buveurs de THB et la lumière de tous les réverbères qui marchent encore scintille sur les lèvres nappées d'huile d'arrachide.
La réunion de cette masse humaine dans un cadre si merveilleux engendre de vrais défilés. Sur le macadam, ces messieurs font rutiler les moteurs de leurs mini-bus de travail japonais. Les LED multicolores flashent de partout et les enceintes crachent le plein volume. Des adolescents foncent plein gaz sur des scooters dont ils ne sont pas propriétaires, slalomant entre les ivrognes et les familles nombreuses.
Les jeunes femmes, en talon aiguille, défilent sur le trottoire et exposent leur appâts au plus offrant, espérant harponner un vieux touriste divorcé et pas encore trop chauve qui assurera leur avenir.
Bref, c'est un endroit très vivant de Mahajanga et vraiment incontournable. Alors vous venez quand manger un bout au bord ?
Tous le monde s'y retrouve, surtout les week ends. On y rencontre toute la population de la ville, les amoureux dinent en tête à tête, les business man locaux font des repas d'affaire, les groupes amis déjà saoulent s'enivrent encore et les touristes prennent des photos haute résolution de 24 mégapixel. Les prix pratiqués sont malgaches, de même que l'ambiance, vivante et bruyante.
Les femmes qui vendent leur mets sont disposées en ligne, un petit fourneau à charbon à portée de main et entourées de tables bancales aux nappes multicolores. Le choix n'est pas aisé car elles vendent toutes strictement la même chose.
La commande de base est constituée de brochettes de zébu, accompagnées d'achard (crudités rapées servies dans un bol de bouillon froid) et bien sûr d'une bière THB GM (Grand Modèle).
Une petite parenthèse sur cette boisson phare de Madagascar, qui a pendant des décennies été la seule bière produite pour tous le pays. Personnellement je trouve qu'elle à une saveur fade et chimique, elle laisse un arrière-goût d'alcool frelaté et un mal de tête imparrable le lendemain. C'est un produit très populaire écoulé par milliers de litres chaque week-end. THB ne signifie pas Tétra-Hétil-Butilène (explication du goût et des effets uniques de cette boisson) mais Three Horse Beer. La "Bière des Trois Chevaux" pour les non-anglophones.
Voilà donc la base alimentaire d'un repas au bord, qu'on agrémente ensuite de petits amuses geules fort goutus, huileux et savoureux. Des samousas aux oignons, à la viande et à l'huile, des "Katless" aux patates, à la viande et à l'huile, des magniocs frits, des galettes frites, des bananes frites, etc etc. Ca donne un fast food très convivial autour du feu, on passe sa commande, ca chauffe 3 min sur le gril et on s'empiffre pour pas cher. C'est pauvre en vitamines mais on peut compenser au dessert avec une bonne glace au sirop de glucose colorée chimiquement.
Le cadre est très joli, face à la mer, et la rue est l'une des rares de la ville sans bancs de sable ni nids de poule. Le vent frais du large caresse les crânes échauffés des buveurs de THB et la lumière de tous les réverbères qui marchent encore scintille sur les lèvres nappées d'huile d'arrachide.
La réunion de cette masse humaine dans un cadre si merveilleux engendre de vrais défilés. Sur le macadam, ces messieurs font rutiler les moteurs de leurs mini-bus de travail japonais. Les LED multicolores flashent de partout et les enceintes crachent le plein volume. Des adolescents foncent plein gaz sur des scooters dont ils ne sont pas propriétaires, slalomant entre les ivrognes et les familles nombreuses.
Les jeunes femmes, en talon aiguille, défilent sur le trottoire et exposent leur appâts au plus offrant, espérant harponner un vieux touriste divorcé et pas encore trop chauve qui assurera leur avenir.
Bref, c'est un endroit très vivant de Mahajanga et vraiment incontournable. Alors vous venez quand manger un bout au bord ?
lundi 4 juillet 2011
Mahajanga
Je pense qu'il est temps maintenant de présenter un peu plus la ville dans laquelle nous vivons avec Awa depuis 2 mois et demi. Nous nous sommes habitués petit à petit à cette ville et maintenant moins de choses nous surprennent, mais c'est tout de même un sujet digne d'apparaitre sur ce blog.
Mahajanga est située sur la côte Nord-Ouest du pays, à 12h de route de la capitale, en taxi-brousse (nettement plus en charette à zébus). La ville flotte entre deux eaux, celles de l'embouchure du fleuve Betsiboka et celles de la mer, appelée "Canal de Mozambique". L'eau tient une place centrale dans la ville, avec le port, la pêche, et les centaines de boutres qui cabottent à la voile sur le bord de mer. Madagascar est peut être le dernier pays au monde où toute la flotte fonctionne encore à voile.
La côte du Mozambique se situe en face de nous, là où le soleil se couche, à environ 500 km. Mayotte et les Comores sont aussi toutes proches. Les brassages culturels ont été nombreux avec ces peuples.
Car Mahajanga est sans conteste la ville la plus Africaine de toute l'île. Les gens sont très typés Africain, comparé au reste du pays où l'influence Asiatique est beaucoup plus nette .
Cette influence se ressent dans la musique, très rytmée et chaude, comparée aux chansons d'amour à la guimauve molle que prisent les gens de la capitale. La langue aussi est influencée par l'Afrique, et surtout le vocabulaire Swahili très employé dans e Malgache Majungais. Les gens nous disent même qu'ils reussissent à se faire comprendre au Mozambique et en Tanzanie, tandis qu'ils ont parfois des difficultés de compréhension avec les gens de Tana (alors que la langue Malgache est sensée etre unifiée à tous le pays).
L'influence Africaine marque aussi l'architecture, la cuisine, l'habillement, les coiffures, les habitudes culturelles, etc. Bizarrement, il ne faut surtout pas dire aux gens qu'ils sont Africains, au risque de les froisser. Madagascar est une île, et ça créer souvent des mentalités uniques. Les Malgaches soutiennent mordicus leurs origines Asiatiques, mais nient un quelconque lien avec l'Afrique.
Au niveau du climat, c'est une des villes les plus chaudes et ensoleillées de l'île. La saison sèche s'étend sur une majeure partie de l'année, d'avril à novembre, et elle n'est pas séche à moitié, puisqu'il n'y pleut vraiment jamais. Tee-shirt et tongs au levé du lit sans posé de question, pendant 200 jours d'affilés. La chaleur est pesante et écrasante presque toute l'année, le soleil cogne méthodiquement, sans pitié et liquéfie toute motivation humaine et animale entre 10h et 15h. En ce moment, nous sommes en plein creux de l'hiver, ce matin par exemple j'ai mis un pull et l'ai supporté jusqu'à 8h, c'est dire comme les hivers sont rigoureux.
Mahajanga est peuplée, les quartiers n'en finissent pas de s'étendre, d'ailleurs pas grand monde ne sait combien de gens y vivent. On estime une fourchette entre 100 000 et 300 000 habitants, voire plus, voire moins. Il semblerait que ca soit la deuxième ville du pays. L'emploi ne se trouve pas facilement et les gens ont beaucoup affaire à la débrouille, aux petits boulots, aux menus larcins.
D'un point de vue touristique, le coin est riche avec plusieurs belles plages dans la ville et les alentours, des sites naturels exceptionnels (grottes, lacs), de beaux hôtels et un grand parc naturel à moins de 2h de route (autant dire la porte à côté !). N'hésitez pas à venir vérifier tous ca par vous même.
Mahajanga compte aussi pas mal de coins sympas, de choses insolites, d'habitudes culturelles, mais je ne vais pas développer maintenant, ca fera l'objet de futurs messages thématiques...
Mahajanga est située sur la côte Nord-Ouest du pays, à 12h de route de la capitale, en taxi-brousse (nettement plus en charette à zébus). La ville flotte entre deux eaux, celles de l'embouchure du fleuve Betsiboka et celles de la mer, appelée "Canal de Mozambique". L'eau tient une place centrale dans la ville, avec le port, la pêche, et les centaines de boutres qui cabottent à la voile sur le bord de mer. Madagascar est peut être le dernier pays au monde où toute la flotte fonctionne encore à voile.
La côte du Mozambique se situe en face de nous, là où le soleil se couche, à environ 500 km. Mayotte et les Comores sont aussi toutes proches. Les brassages culturels ont été nombreux avec ces peuples.Car Mahajanga est sans conteste la ville la plus Africaine de toute l'île. Les gens sont très typés Africain, comparé au reste du pays où l'influence Asiatique est beaucoup plus nette .
Cette influence se ressent dans la musique, très rytmée et chaude, comparée aux chansons d'amour à la guimauve molle que prisent les gens de la capitale. La langue aussi est influencée par l'Afrique, et surtout le vocabulaire Swahili très employé dans e Malgache Majungais. Les gens nous disent même qu'ils reussissent à se faire comprendre au Mozambique et en Tanzanie, tandis qu'ils ont parfois des difficultés de compréhension avec les gens de Tana (alors que la langue Malgache est sensée etre unifiée à tous le pays).
L'influence Africaine marque aussi l'architecture, la cuisine, l'habillement, les coiffures, les habitudes culturelles, etc. Bizarrement, il ne faut surtout pas dire aux gens qu'ils sont Africains, au risque de les froisser. Madagascar est une île, et ça créer souvent des mentalités uniques. Les Malgaches soutiennent mordicus leurs origines Asiatiques, mais nient un quelconque lien avec l'Afrique.
Au niveau du climat, c'est une des villes les plus chaudes et ensoleillées de l'île. La saison sèche s'étend sur une majeure partie de l'année, d'avril à novembre, et elle n'est pas séche à moitié, puisqu'il n'y pleut vraiment jamais. Tee-shirt et tongs au levé du lit sans posé de question, pendant 200 jours d'affilés. La chaleur est pesante et écrasante presque toute l'année, le soleil cogne méthodiquement, sans pitié et liquéfie toute motivation humaine et animale entre 10h et 15h. En ce moment, nous sommes en plein creux de l'hiver, ce matin par exemple j'ai mis un pull et l'ai supporté jusqu'à 8h, c'est dire comme les hivers sont rigoureux.
Mahajanga est peuplée, les quartiers n'en finissent pas de s'étendre, d'ailleurs pas grand monde ne sait combien de gens y vivent. On estime une fourchette entre 100 000 et 300 000 habitants, voire plus, voire moins. Il semblerait que ca soit la deuxième ville du pays. L'emploi ne se trouve pas facilement et les gens ont beaucoup affaire à la débrouille, aux petits boulots, aux menus larcins.
D'un point de vue touristique, le coin est riche avec plusieurs belles plages dans la ville et les alentours, des sites naturels exceptionnels (grottes, lacs), de beaux hôtels et un grand parc naturel à moins de 2h de route (autant dire la porte à côté !). N'hésitez pas à venir vérifier tous ca par vous même.
Mahajanga compte aussi pas mal de coins sympas, de choses insolites, d'habitudes culturelles, mais je ne vais pas développer maintenant, ca fera l'objet de futurs messages thématiques...
jeudi 23 juin 2011
Profession Pousse Pousse
Il y a à Madagascar une profession originale qui court les rues : pousse-pousse. C'est un métier qui consiste à transporter des gens ou des objets (parfois les deux) dans un "pousse-pousse" justement. Dans la plus pure rigueur sémantique, on devrait plutot parler de tire-tire, car le pousseur tire plus qu'il ne pousse, mais c'est moins agréable à l'oreille.

C'est très sympa de se ballader en pousse-pousse dans la ville, ce moyen de transport est très prisé par la population, terriblement romantique, et donne l'agréable sensation d'être une personne importante. Tous les pousseurs ne se valent cependant pas, certains trainassent interminablement et sont poussifs dans les côtes, quand d'autre cavalent fougueusement et suent comme des athlètes.
Mais en réalité, pousse-pousse c'est plus compliqué que ca. Pousse-pousse, c'est plus qu'une profession. C'est un style de vie. On est pousse-pousse. On nait pousse-pousse. Et même très souvent on meurt pousse-pousse, après avoir beaucoup tirer. pour dire être pousse-pousse, c'est presque héréditaire, car une éthnie en particulier s'est spécialisée dans ce travail.
Parmis ses spécificités, le pousse-pousse n'a par exemple pas de maison. Sa vie s'organise autour de son pousse-pousse (celui avec les roues), dans lequel il transporte ses biens, constitués d'une bouteille d'eau pour la toilette et d'une moustiquaire pour dormir la nuit ( impossible de dormir sans à Mahajanga, même quand on est un vieux pousse-pousse endurcit).
Le soir, sur le bord des rues du centre ville, on voit donc des pousse-pousses garés le long des murs ou contre les portails. Les propriétaires tendent une moustiquaire et dorment sur place, ce qui permet parfois de cumuler un emploi de nuit : gardien.
Leur statut est même auréolé d'un certain mystère. Après enquête autour de moi, je n'ai pas encore pu élucider où ils stockaient leurs affaires, et où vivait leur famille, si tant est qu'il en aient une. Les gens ne savent simplement pas.
La formidable faculté des pousse-pousses à vivre de peu, et la marge de bénéfice incroyable de leur profession (aucun frais pour exercer, si ce n'est en paires de chaussures, pour ceux qui en ont, et en pneus) ont contribué a créer un véritable mythe autour d'eux.
On raconte qu'ils amassent dans leurs villages de brousses des quantités faramineuses d'argent, qu'ils enterrent. On dit aussi que leurs cérémonies funéraires sont l'occasion de sacrifier des boeufs par troupeaux entiers.
Bref, je n'ai pas encore pu percer tous leurs mystères, mais c'est sur que les pousse-pousses sont des gens à part. Et je crois que je n'ai pas encore fini d'en découvrir sur eux.

C'est très sympa de se ballader en pousse-pousse dans la ville, ce moyen de transport est très prisé par la population, terriblement romantique, et donne l'agréable sensation d'être une personne importante. Tous les pousseurs ne se valent cependant pas, certains trainassent interminablement et sont poussifs dans les côtes, quand d'autre cavalent fougueusement et suent comme des athlètes.
Mais en réalité, pousse-pousse c'est plus compliqué que ca. Pousse-pousse, c'est plus qu'une profession. C'est un style de vie. On est pousse-pousse. On nait pousse-pousse. Et même très souvent on meurt pousse-pousse, après avoir beaucoup tirer. pour dire être pousse-pousse, c'est presque héréditaire, car une éthnie en particulier s'est spécialisée dans ce travail.
Parmis ses spécificités, le pousse-pousse n'a par exemple pas de maison. Sa vie s'organise autour de son pousse-pousse (celui avec les roues), dans lequel il transporte ses biens, constitués d'une bouteille d'eau pour la toilette et d'une moustiquaire pour dormir la nuit ( impossible de dormir sans à Mahajanga, même quand on est un vieux pousse-pousse endurcit).
Le soir, sur le bord des rues du centre ville, on voit donc des pousse-pousses garés le long des murs ou contre les portails. Les propriétaires tendent une moustiquaire et dorment sur place, ce qui permet parfois de cumuler un emploi de nuit : gardien.
Leur statut est même auréolé d'un certain mystère. Après enquête autour de moi, je n'ai pas encore pu élucider où ils stockaient leurs affaires, et où vivait leur famille, si tant est qu'il en aient une. Les gens ne savent simplement pas.
La formidable faculté des pousse-pousses à vivre de peu, et la marge de bénéfice incroyable de leur profession (aucun frais pour exercer, si ce n'est en paires de chaussures, pour ceux qui en ont, et en pneus) ont contribué a créer un véritable mythe autour d'eux.
On raconte qu'ils amassent dans leurs villages de brousses des quantités faramineuses d'argent, qu'ils enterrent. On dit aussi que leurs cérémonies funéraires sont l'occasion de sacrifier des boeufs par troupeaux entiers.
Bref, je n'ai pas encore pu percer tous leurs mystères, mais c'est sur que les pousse-pousses sont des gens à part. Et je crois que je n'ai pas encore fini d'en découvrir sur eux.
vendredi 17 juin 2011
En voiture !
Je me suis initié depuis mon arrivé la conduite (ou plutôt au slalom) dans les rues Malgaches. La conduite est quelque chose d'assez sportif ici, qui nécessite de la concentration et des biceps. Après avoir vécu le Sénégal et le Nicaragua, je pense qu'on peut tirer quelques généralités de la conduite dans les pays du sud :
Régle 1 : doucement doucement
Régle 2 : roule tant que ce n'est pas encore cassé
Régle 3 : accélère, on verra comment on freine
Régle 4 : priorité au plus gros, puis priorité au plus téméraire, puis priorité à droite, ou à gauche
Régle 5 : on voit toujours mieux en plein phare
Régle 6 : le clignotant est un accessoire tunning de série
J'ai aussi appris une règle basique qui consiste à ne jamais regarder les rétroviseurs sous peine de provoquer un accident devant. Les rues sont très encombrées, on dénombre, en allant de droite à gauche : piétons, charrettes de zébus, pousse-pousses, vélos, scooters, motos, voitures.
En plus, l'exercice est un peu corsé par la voiture de fonction, qui n'est pas vraiment une petite citadine maniable.

Un bon vieux 4x4 Land Rover de 30 ans, 2 tonnes à vide, sans direction assistée. Avec ca, on peut charger 1 tonne de matos sur le toit, partir à 9 gaillards et avaler presque n'importe quelle piste de brousse mais ce n'est pas vraiment l'idéal pour aller acheter un paquet de vis.
Il y aussi des petites subtilités mécaniques à cette vieille Dame à l'embrayage sensible. Pour démarrer déjà, pas besoin de clé, il suffit de suivre une bête procédure :
- enclencher le bouton du contact
- préchauffer 20 sec en connectant les 2 fils qui pendent sous le volant (jusqu'à ce que ca soit chaud)
- embrayer une vitesse pour accrocher le démarreur et pousser légerment le bouton du démarreur
- débrayer
- pousser le bouton du démarreur et accélérer
N.B : pousser la voiture si ca ne marche pas
Une fois en route, il faut anticiper les choses à cause du jeu dans la direction. Les roues tournent en général plus tard que le volant.
Toujours tenir la 4ème vitesse fermement sur le levier, sinon ca saute.
Parfois la 3ème vitesse ne passe pas. Insiter.
C'est quand même une brave voiture dans le fond, qui nous emmène partout. En ce moment on redresse l'aile et le parechocs (à coup de masse à l'atelier) à cause de l'arbre qu'une équipe s'est prit dans la brousse il y a 10 jours.
On a aussi un pare-brise en bois, et un toit fait de tubes et de planches, vestiges des tonneaux que la voiture à fait un jour.

Pour le moment, j'ai simplement conduit dans les rues de Mahajanga, mais promis, je vous racontrais tout quand je prendrais le volant sur les pistes de brousse.
Régle 1 : doucement doucement
Régle 2 : roule tant que ce n'est pas encore cassé
Régle 3 : accélère, on verra comment on freine
Régle 4 : priorité au plus gros, puis priorité au plus téméraire, puis priorité à droite, ou à gauche
Régle 5 : on voit toujours mieux en plein phare
Régle 6 : le clignotant est un accessoire tunning de série
J'ai aussi appris une règle basique qui consiste à ne jamais regarder les rétroviseurs sous peine de provoquer un accident devant. Les rues sont très encombrées, on dénombre, en allant de droite à gauche : piétons, charrettes de zébus, pousse-pousses, vélos, scooters, motos, voitures.
Un bon vieux 4x4 Land Rover de 30 ans, 2 tonnes à vide, sans direction assistée. Avec ca, on peut charger 1 tonne de matos sur le toit, partir à 9 gaillards et avaler presque n'importe quelle piste de brousse mais ce n'est pas vraiment l'idéal pour aller acheter un paquet de vis.
Il y aussi des petites subtilités mécaniques à cette vieille Dame à l'embrayage sensible. Pour démarrer déjà, pas besoin de clé, il suffit de suivre une bête procédure :
- enclencher le bouton du contact
- préchauffer 20 sec en connectant les 2 fils qui pendent sous le volant (jusqu'à ce que ca soit chaud)
- embrayer une vitesse pour accrocher le démarreur et pousser légerment le bouton du démarreur
- débrayer
- pousser le bouton du démarreur et accélérer
N.B : pousser la voiture si ca ne marche pas
Une fois en route, il faut anticiper les choses à cause du jeu dans la direction. Les roues tournent en général plus tard que le volant.
Toujours tenir la 4ème vitesse fermement sur le levier, sinon ca saute.
Parfois la 3ème vitesse ne passe pas. Insiter.
Pour le moment, j'ai simplement conduit dans les rues de Mahajanga, mais promis, je vous racontrais tout quand je prendrais le volant sur les pistes de brousse.
mardi 7 juin 2011
1er retour
Me voilà revenu de ma mission Commando à l'autre bout du pays. Sain, sauf et courbaturé des genoux !
Il y a beaucoup à dire, mais retenez surtout que c'est loin ! et bougrement long ! 4 jours de voyage dont 2 et demi assis précairement sur une banquette "malgache size", le temps parait long, surtout à la fin !
A propos, petite parenthèse sur la corpulence des malgaches. Elle est réduite ce qui induit des désagréments quasi quotidien : lit trop petit (donc dodo plié obligatoire), portes basses (donc chocs chroniques, suivi de force jurons, suivi de bosses multiples), banquettes riquiqui, plan de travail nain et j'en passe. C'est décidement pas un pays pour les Scandinaves.
Bref, ca a été rude, surtout la dernière ligne droite, c'est à dire les 12h de trajet avant la maison, à cause de l'effet combiné des bornes sur le bord de la route et de l'horloge du mini bus. Un vrai cauchemard au ralenti, je crois que j'ai pu saisir dans ces moments interminables l'effrayante horreur du ralentissement du temps à presque rien, jusqu'à son arrêt complet. J'ai frolé l'éternité et ca fait très peur, en plus d'être ennuyeux !
Concernant la partie statique du voyage, le travail sur place s'est bien passé, tout s'est bien déroulé dans les temps et suivant les plans, tant mieux. On a réparé l'éolienne et installé des panneaux solaires supplémentaires chez un client plutôt aisé :

Mais la somptuosité de la demeure n'exclue pas l'avarice du propriétaire (c'est même fortement lié), alors on a dormi dans le garage, on s'est douché au robinet du jardin et on a mangé du riz matin, midi, et soir !
Il y a beaucoup à dire, mais retenez surtout que c'est loin ! et bougrement long ! 4 jours de voyage dont 2 et demi assis précairement sur une banquette "malgache size", le temps parait long, surtout à la fin !
Bref, ca a été rude, surtout la dernière ligne droite, c'est à dire les 12h de trajet avant la maison, à cause de l'effet combiné des bornes sur le bord de la route et de l'horloge du mini bus. Un vrai cauchemard au ralenti, je crois que j'ai pu saisir dans ces moments interminables l'effrayante horreur du ralentissement du temps à presque rien, jusqu'à son arrêt complet. J'ai frolé l'éternité et ca fait très peur, en plus d'être ennuyeux !
Concernant la partie statique du voyage, le travail sur place s'est bien passé, tout s'est bien déroulé dans les temps et suivant les plans, tant mieux. On a réparé l'éolienne et installé des panneaux solaires supplémentaires chez un client plutôt aisé :
mercredi 1 juin 2011
1er départ
Je pars ce soir pour mon premier chantier avec le boulot. Au programme, on traverse le pays, on installe 6 panneaux solaires, on fait une réparation sur éolienne, et puis (bien sûr) on revient. Entier et sain si possible.
Il y a à peu près 400 km à vol d'oiseau, facile. Le premier point, c'est que la traversée du pays d'une cote à l'autre par la route fait 1000 km.
Le deuxième point concerne la vitesse à laquelle on va déplacer dans l'espace. C'est plutot lent. On va en avoir pour 24h de route. Juste pour y aller.
J'appréhende déjà : 24h assis sur un fauteuil de taxi brousse, par 30°C de moyenne avec les genoux dans le fauteuil de devant. 24h rythmés par les pauses pipi et caca sur le bord de la route. 24h de mauvaise musique, en boucle et en plein volume !
Bon, d'après mes collègues une fois arrivé la vue du site va compenser une partie de désagrément du voyage, mettons 8h, ca fait quand meme 16h de route à se taper ! Misère de misère !
Il y a à peu près 400 km à vol d'oiseau, facile. Le premier point, c'est que la traversée du pays d'une cote à l'autre par la route fait 1000 km.
Le deuxième point concerne la vitesse à laquelle on va déplacer dans l'espace. C'est plutot lent. On va en avoir pour 24h de route. Juste pour y aller.J'appréhende déjà : 24h assis sur un fauteuil de taxi brousse, par 30°C de moyenne avec les genoux dans le fauteuil de devant. 24h rythmés par les pauses pipi et caca sur le bord de la route. 24h de mauvaise musique, en boucle et en plein volume !
Bon, d'après mes collègues une fois arrivé la vue du site va compenser une partie de désagrément du voyage, mettons 8h, ca fait quand meme 16h de route à se taper ! Misère de misère !
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